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mercredi 28 mars 2012

Beauté



Beauté, c'est tout simplement le nom de la plus belle femme qui soit au monde. Mais ça n'a pas toujours été son nom. Avant, elle s'appelait Morue, était une pauvre paysanne particulièrement disgracieuse dans un village au bord de la mer, où elle était chargée d'écailler les poissons. A force, l'odeur s'est incrustée dans sa peau, d'où le surnom. Morue est alors la risée de tous, seul Pierre, le fils de sa marraine, se montre gentil avec elle.

Un jour, Morue offre un baiser à un être encore plus disgracieux qu'elle - un crapaud. Et la magie opère : le crapaud est en fait une fée, Mab, qui exauce son souhait le plus cher : elle lui donne la beauté absolue, sans partage.



Oui, mais... Mab est une mauvaise fée. Le beauté dont elle a fait don à Morue est une illusion : Morue est toujours aussi laide, mais les autres la voient comme la perfection faite femme. Et sont près à tout, absolument à tout, pour obtenir cette femme, de gré ou de force, quitte à plonger le royaume du Sud dans le chaos...

La beauté, don ou malédiction?

La fin de cette histoire dans le volume 3 (volume 1 paru en mai 2011 et volume 2 en mars 2012, ce qui laisse présager - on l'espère- une sortie assez rapide du volume 3!)

Beauté, HUBERT & KERASCOET
éditions Dupuis, 14,50 euros

mercredi 24 février 2010

Contes de fées revus et salement corrigés!

Petit zoom sur quelques livres jeunesses que j'aime! D'abord, hommage à Émile Bravo pour ses reprises allègres et irrévérencieuses des contes de notre enfance, dont les héros sont les "sept ours nains" : ça donne déjà une idée du genre. Le principe est simple : vous prenez Boucle d'Or, Blanche Neige, Le Petit Tailleur, Le Chat Botté et tous les autres, vous mettez dans un shaker, vous secouez bien fort et vous obtenez une série d'histoires complètement loufoques et souvent assez peu morales... Les ours nains n'ont qu'un but dans la vie, résumé par le refrain qu'ils chantent à plein poumons : "manger, dormir, tralala".


Mais y a des princesses qui font rien qu'à venir les embêter, qui mangent leurs repas et chipent tous leurs lits, donc il va falloir qu'ils dégottent des princes charmants pour se débarrasser des intruses, et ce n'est pas une mince affaire! Donc, si vous voulez voir Blanche-Neige se taper le repassage en bigoudis en chantant "un jour mon prince viendra", précipitez-vous!


Émile BRAVO chez Seuil Jeunesse,
12 euros chaque

mardi 30 juin 2009

Ode à Marguerite...

A quelques jours des vacances et du déménagement, je prends quelques minutes pour vous encourager à découvrir (ou redécouvrir) une auteure que j'idolâtre, la grande Marguerite, pas Duras, mais Yourcenar!


Je viens de découvrir trois nouvelles réunies chez Gallimard, toutes trois superbes : Conte bleu (qui m'a beaucoup fait penser aux princesses d'ivoire et d'ivresse de Jean Lorrain), un texte riche en images et symboles, camaïeu de bleus et conte philosophique sur la quête effrénée de richesse, Le premier soir (réflexion d'un homme marié depuis le matin au premier soir de son mariage), Maléfices (un conte sur le pouvoir de suggestion, quand la puissance vient non du maléfice lui-même, mais du crédit qu'on vous accorde car on suppose que vous l'avez lancé).


Je grignote par ailleurs un recueil d'essais, Le Temps, ce grand sculpteur, réflexions littéraires sur divers sujets aussi éclectiques que quelques lignes de Bède le vénérable sur l'accueil des premiers évangélisateurs chrétiens, une parole donnée à Michel-Ange, des réflexions d'auteur sur la transcription de la langue parlée dans l'histoire du texte écrit...


Mais je ne peux pas évoquer Marguerite Yourcenar sans évoquer THE texte qui me l'a fait découvrir : Les nouvelles orientales, un recueil de contes "orientaux" à l'écriture incroyablement poétique, d'une extraordinaire précision, chaque mot semblant être le mot parfaitement adapté, au service d'histoires belles, parfois cruelles, parfois très tendres : Comment Wang-Fô fut sauvé, ou comment le peintre entre littéralement dans sa peinture pour sauver sa vie, Le lait de la mort, ou comment une mère sacrifiée se dévoue à son enfant par-delà la mort, Notre-Dame-des-Hirondelles, ou comment une Vierge de miséricorde recueille sous son aile des nymphes chassées par la foi chrétienne... Un bijou, presque un recueil de poésie en prose!


Enfin, je vous conseille la lecture des Mémoires d'Hadrien, une (auto)biographie de l'empereur Hadrien. Au terme de mémoires "apocryphes", qu'elle jugeait mensonger, Marguerite Yourcenar préférait substituer le terme de mémoires "imaginaires" ; et d'une certaine façon le texte de Yourcenar entre alors en résonnance avec un autre bijou méconnu de la littérature française : les Vies imaginaires de Marcel Schwob, dont vous pouvez découvrir les textes, publics, sur le site suivant : http://www.marcel-schwob.org/Oeuvres/170/vies-imaginaires

A lire!