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mercredi 20 juillet 2016

Feuillets de cuivre

Il est sorti fin 2015, mais il n'y a pas d'heure pour parler des bonnes choses, et Feuillets de cuivre en fait partie :

Ça se passe à Paris, nous sommes en 1872, et nous allons suivre Ragon, flic obèse et rêveur, dans ses enquêtes au sein de la ville lumière.
Ses armes? Son flair, sa perspicacité et... Son amour des livres. Et oui, chaque enquête, d'une manière ou d'une autre, trouvera sa résolutions par la littérature. Les férus de littérature apprécierons les références sans que les autres soient perdus pour autant.

Feuillets de cuivre, c'est du steampunk et de la magie  préparez-vous à croiser savants fous, magie de l’éther et psychopathes. Mais l'intérêt est aussi ailleurs, car Fabien Clavel s'attache à faire évoluer son personnage principal au fil des nouvelles, de simple flic à commissaire...
Et puis il y a ce personnage, qui participe au sel de l'histoire et qui... Ah mais non, ça je ne peux pas vous le dire sans vous gâcher la fin du livre!

Policier ingénieux à l'ambiance steampunk, inspiré autant des feuilletons littéraires du XIXème siècle que des séries télé modernes Feuillets de cuivre est un très, très bon roman !

Feuillets de cuivre, Fabien CLAVEL, éditions ActuSF, 20E

Le pacte du Hob



Voilà un roman que j'ai découvert totalement par hasard, et qui de plus est à part dans l’œuvre de Patricia Briggs. Bref, un météorite ^_^! A mon grand dam, c'est un one shot, pas de suite, hélas!

L'héroïne se nomme Aren. Elle a 26 ans, et s'est mariée la veille alors qu'elle pensait qu'à son âge, cela ne lui arriverait plus. Elle nage donc en plein bonheur. Mais en quelques heures, ce bonheur bascule. Des bandits en maraude massacrent sa famille, la montagne qui surplombe son village se met à gronder et la magie de la terre, entravée depuis des siècles par les mages de sang, se libère brutalement. C'est le chaos absolu, des pans de montagnes s'effondrent, des rivières noient les vallées, il semble à première vue que seul le village d'Aren ait résisté au réveil de la magie ancienne. Personne ne sait ce qu'il est advenu au reste du pays.

Personne, sauf Aren. Dans une volonté désespérée d'en finir une fois pour toutes, écrasée par son malheur, Aren avoue un fait capital au village : elle a des Visions d'évènements qui ont lieu ailleurs ou dans le futur, et en temps normal, cela lui vaudrait d'être mise à mort, car seuls les mages de sang sont autorisés à avoir recours à la magie. Mais voilà, les temps normaux n'existent plus, le roi est mort de la main de son propre mage de sang, le royaume entier a été ravagé par le réveil de la magie, et les villageois sont seuls face aux maraudeurs qui rôdent, et aux anciennes forces magiques que le réveil de la terre a sorti de leur très long sommeil. A moins que certaines de ces créatures magiques ne se rangent de leur côté? C'est ce pacte qu'Aren va tenter de passer avec l'une de ces puissantes et anciennes créatures pour sauver ceux qui peuvent l'être encore.

Patricia BRIGGS, Le pacte du Hob, 
éditions l'Atalante, 15E
(édité en poche chez Milady, mais je déteste la couverture ^_^)

vendredi 25 avril 2014

Les mensonges de Locke Lamora



Locke Lamora, c’est pas l’élu de la prophétie, c’est pas un gusse qui va sauver le monde, ou combattre les méchants, des sorciers, des dragons… En tout cas il fera tout pour l’éviter.
Parce que Locke Lamora est voleur. Un voleur qui prend au riches pour donner… A lui et sa troupe, les bien nommés Salauds gentilshommes. C’ est un escroc, cupide, égoïste au caractère aussi insupportable que son talent est génial.

Seulement voilà, des politiciens, des sectes et des groupes de mages, s’affrontent en une guerre clandestine qui risque d’embraser toute la ville. Et ça c’est pas bon pour ses affaires ! Alors il va falloir qu’il s’implique et si possible s’en mettre plein les poches.





Entre Arsène Lupin et Ocean’s Eleven, entre action débridée et envolées lyriques, complots perpétuels et humour omniprésent, voilà un roman explosif d’un bout à l’autre, qui nous laisse un peu,  à la fin, sur notre faim (mais heureusement les deux romans suivants sont sortis, ouf !)

Les mensonges de Locke Lamora, Scott LYNCH,
éditions Bragelonne, 2014, 25 euros

dimanche 11 août 2013

Servir froid


Parlons fantasy ! Et plus précisément de Servir froid...

Mais attention, oubliez tout de suite les histoires de hobbit, d'elfes, de nains bougons ou de dragons, de magie et d'espèces exotiques... Point de ça ici : ce qui classe Servir froid dans la fantasy, c'est le monde imaginaire dans lequel il se déroule.

Et ce monde imaginaire, une sorte de mélange entre antiquité, moyen-âge et renaissance, est noir, dur, voire même sordide.

Car le roman d'Abercrombie est avant tout une histoire de vengeance, celle de Monza Murcatto, mercenaire trahie et laissée pour morte par ses employeurs.

Peut-être auraient-ils du mieux s'en assurer, ceci-dit : cette dernière, pour venger cette infamie, est bien décidée à les traquer, tous, et les tuer!

Voilà une fantasy de très bonne facture, aux personnages attachants et complexes, menée par une plume, ironique et experte (une chose pas si courante en fantasy).

Servir froid, Joe ABERCROMBIE, Bragelonne, 30 euros.

mercredi 20 février 2013

Exposition Michel Plessix à Bécherel (35)

Amis bretons et vacanciers!



La Maison du Livre de Bécherel organise, du 16/02 au 28/04, une petite exposition consacrée à Michel Plessix, l'auteur des bandes dessinées Le vent dans les Saules (terminée en 4 tomes) et Le vent dans les Sables (toujours en cours). Si vous aimez les aquarelles joyeuses et délicates de Michel Plessix, foncez! Si vous ne connaissez pas les aquarelles joyeuses et délicates susdites, foncez!

Michel Plessix sera par ailleurs présent à la maison du livre le lundi 01/04 prochain, dans le cadre du Festival Merveilleux Imaginaires (consacré à la fantasy).


Profitez-en pour visiter Bécherel, la cité du livre en Bretagne, qui vaut le détour!

Et hop, une autre aquarelle-joyeuse-et-colorée de Plessix, pour le plaisir des yeux!


jeudi 7 février 2013

Le Protectorat de l'Ombrelle


Londres, 1871.

Alexia Tarabotti part dans la vie avec bon nombre de handicaps :

1°) Son père est mort et Italien (elle ne sait pas ce qui est le plus gênant). En revanche, elle écope d'une mère (belle, blonde et stupide), de deux jeunes sœurs (belles, blondes et stupides) et d'un beau père (passif et dépassé par les évènements : quatre femmes à la maison, c'est trop).

2°) Elle est trop grande, trop brune et trop pulpeuse pour le goût anglais (voir point n°1). Pas grave, elle se venge en achetant des toilettes voyantes et sophistiquées.

3°) A 26 ans, elle est toujours vieille fille (voir points n°1 et 2). Tant pis, la bibliothèque de son père l'a informée de pas mal de choses concernant les relations hommes-femmes, du moins il lui semble.

4°) Elle n'a pas d'âme, contrairement aux humains normaux, qui en ont un peu (même si dans le cas de sa mère et de ses sœurs on se demande à quoi elle leur sert), et aux êtres surnaturels, vampires et loups-garous, qui en ont beaucoup trop, c'est bien connu.

5°) Elle est toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Mais là, franchement, ce n'est PAS de sa faute : pouvait-elle prévoir que la bibliothèque où elle se cachait pour fuir un bal ennuyeux (il n'y a même pas de sandwichs, c'est une honte!) abritait également un vampire bien décidé à la croquer? Certes, elle l'a estourbi à coups d'ombrelles, mais là, vraiment, ce n'est pas sa faute! Du moins, c'est ce dont il va falloir convaincre lord Maccon, écossais, loup-garou, chef de la meute de Londres et enquêteur principal du Bureau des Affaires Surnaturelles...


CARRIGER Gail, Le Protectorat de l'Ombrelle
4 tomes parus à ce jour chez Orbit,
16,75 euros.

jeudi 6 septembre 2012

Au guet!


Terry Pratchett est l'auteur prolifique d'une série de romans intitulée les Annales du Disque-Monde. Le Disque-Monde est un univers de Fantasy qui en recycle, détourne, parodie et tord les poncifs jusqu'à les rendre méconnaissables (mais surtout, le Disque-Monde est un monde en forme de disque posé sur quatre éléphants posés eux-même sur le dos d'une tortue marine nageant paresseusement à travers l'espace : tout dans la simplicité), et Terry pratchett est un auteur qui manie la langue et l'humour avec talent.
Nous allons aujourd'hui nous intéresser à ce qui me paraît son œuvre la plus réussie : une série de romans située dans le Disque-Monde et mettant en scène le Guet de nuit d'une ville au mille superlatifs loin d'être flatteurs : Ank-Morpork. Le premier roman de la série se nomme Au guet !


Ankh-Morpork est ce qu'on peut appeler une ville cosmopolite : vampires, loups-garous, nains, trolls et humains s'y côtoient dans le chaos le plus total, sous la garde plus ou moins sévère (mais surtout moins) du Guet.

Justement, Samuel Vimaire, alcoolique, dépressif chronique et cynique à un point rarement égalé y travaille, au guet. Au guet de nuit, plus précisément. Son boulot? S'assurer que tout va bien. Si tel n'est pas le cas : trouver un autre endroit où tout va réellement bien. Une vie tranquille, bien qu'un peu déprimante, pour lui et son équipe de bras cassés : le sergent Fred Côlon et Chicard Chique (qui appartient à l'espèce humaine, on en est presque sûr).

Tout change avec l'arrivée de Carotte, engagé volontaire (une grande première!) au guet de nuit, et bien décidé à faire respecter la Loi, les Règlements,, à punir le malfaiteurs. Une avalanche d'ennuis en perspective, donc. Surtout qu'il est équipé d'une arme infaillible, son Charisme (notez la majuscule, elle veut tout dire!).

Cette arrivée coincide avec ces meurtres horribles, aussi. On tue atrocement, sans raison et, c'est le plus grave, sans permis (car, oui, à Ankh Morpork, on peut avoir un permis de tuer, si on est à la guilde des Assassins. C'est légal), des braves et innocents citoyens de la ville. Enfin, des braves citoyens plutôt. Des citoyens, en tout cas, c'est une certitude.

Sous couvert de fantasy, Au guet! est en fait une sorte d'archétype de polar. Un polar avec des trolls, des nains, des dragons et un anthropoïde, certes, mais un polar tout de même, avec son flic désabusé et alcoolo, sa hiérarchie corrompue et ses troubles secrets.

Un polar drôle, évidemment : c'est Terry Pratchett qui est aux commandes après tout : on y retrouve son humour absurde et poétique, ses jeux de mots tordus (au passage chapeau bas pour le traducteur qui a dû s'arracher les cheveux plus d'une fois), ses situations surréalistes mais aussi ses gueules cassées, pitoyables et attendrissantes.

Premier tome d'une série de livre dédiés au guet de nuit d'Ankh-Morpork, située dans l'univers du disque-monde, Au guet! est un vraie réussite, confirmée par les tomes qui ont suivis. Un must-have!


Au guet!, Terry Pratchett, éditions Pocket Fantasy, 7euros20.

dimanche 27 mai 2012

La trilogie de Wielstadt

    Je vous ai déjà parlé des Enchantements d'Ambremer et des Lames du cardinal, mais jamais de la première trilogie de Pierre Pevel, composée des Ombres de Wielstadt, des Masques de Wielstadt et du Chevalier de Wielstadt.

    Et bien décidément, Pierre Pevel aime tordre l'Histoire, la manipuler à son goût pour en faire autre chose. Dès son premier roman, il mêle Histoire et Fantasy. Côté Histoire : le Saint Empire Germanique, en 1620, au tout début de la guerre de trente ans. Une époque sombre et violente, au cours de laquelle vont lutter l'un contre l'autre les protestants et les catholiques (entre autres). Ce conflit sera en toile de fond de l'histoire et l'histoire sera au cœur de l'Empire Germanique. Côté Fantasy : des faunes (taverniers et coupe jarrets), des fées (minuscules), un nain (écossais), une ville imaginaire de l'Empire Germanique : la Wielstadt du titre, protégée par un dragon, mais aussi des démons et un chevalier engagé dans une croisade désespérée contre ces derniers, le héros : Kantz.

    Premier point positif (mais les lecteurs des précédentes critiques doivent s'y attendre), c'est très bien écrit. Dans les auteurs de fantasy, le style va d'ignoble à passable. Avec Pevel on monte d'un cran, entre descriptions évocatrices, gouaille et sens du dialogue. On sent l'influence d'Alexandre Dumas père et c'est tant mieux.

    Mais intéressons-nous à l'histoire. L'histoire, c'est celle de Kantz, chevalier aux étranges pouvoirs, croyant à la foi indéfectible, en lutte acharnée, désespérée et solitaire contre les démons, bien réels, qui depuis les ombres corrompent ce qu'ils touchent. Entre des goules d'une violence rare et leur maître ivre de vengeance, un démon sadique et un voleur de visage (il écorche le visage de ses victimes pour s'en affubler), sans oublier des complots et des luttes secrètes, le chevalier Kantz aura fort à faire et n'en sortira pas indemne.

    Pour son premier roman, Pevel à choisit d'être noir. Très noir même. Entre les événements sanglants de la guerre de trente ans, les personnages secondaire tordus, mauvais ou cassés par la vie, en passant par le héros désespéré et lucide sur le poids de ses maigres succès, c'est peu de dire que l'ambiance est sombre. Et s'il n'y avait pas les quelques passages plus légers qui parsèment le roman, il serait dur de respirer tant le roman peut devenir oppressant. Et pourtant, c'est cela aussi qui fait le charme de la trilogie, qui nous la rend plus vivante, plus crédible. Pas étonnant que l'auteur se soit lancé dans une histoire plus légère ensuite avec les Enchantements d'Ambremer. Lui aussi devait avoir besoin de respirer !

    Entre cape et épée et univers désespéré, Pevel commençait fort avec son premier roman, déjà annonciateur des prochains. Une trilogie à découvrir de toute urgence, surtout depuis qu'elle est sortie pour pas très cher dans un format semi-poche.

La trilogie de Wielstadt, Pierre Pevel, 2011, 11,20 euros.

mercredi 7 décembre 2011

Les annales de la Compagnie noire

Allez, un peu plus de spontanéité et moins de chipotage sur mes critiques de livres... Aujourd'hui, je vais donc parler de La compagnie noire.
La compagnie noire, c'est une série de livres de fantasy écrit par Glen Cook. Et commençons par un petit message à ceux qui attendent d'un livre de fantasy l'histoire d'un jeune homme/femme/hobbit/autre en lutte contre le mal et qui va se révéler à lui-même et aux autres durant l'aventure. A ceux là, je dirais de passer le chemin. La compagnie noire est aux antipodes de cet archétype. Jugez plutôt :
La compagnie qui donne son nom au titre, c'est une armée de mercenaires qui loue ses services au plus offrant, peu importe quelle cause il défend et quels moyens il emploie. La grande règle de comportement de la compagnie noire est qu'un contrat passé doit être rempli. Et c'est tout. Quand on entre à la compagnie noire, c'est général pour fuir un passé peu glorieux, voire franchement glauque. Et ça tombe bien, ici, on fait table rase du passé, c'est  le présent qui compte, et le sentiment d’appartenir à une famille. Une famille cupide, cynique et au sens de l'honneur un peu tordu, mais une famille tout de même.
Le cadre de l'histoire met en place la lutte classique du bien contre le mal : La Dame et ses asservis, les plus puissants sorciers au monde (à l'exception de La Dame), sont les méchants. Les vrais. Dignes de siéger à la première place du podium aux côtés de Sauron. En face les rebelles, les partisans de la Rose Blanche, une femme qui, la légende le dit, viendra mettre un terme à ce règne de terreur. Ce sont les gentils. Simple, non?
Sauf que la compagnie noire est liée par contrat aux mauvais de l'histoire. Leurs missions, lutter contre les factions de la Rose Blanche, repousser leurs soldats, décrédibiliser les rebelles aux yeux du peuple, assassiner les chefs ou les soudoyer. Et pour ce genre de sale boulot, la compagnie est la meilleure et la plus expérimentée, à tel point qu'ils deviendront le fer de lance de la Dame.
Ce qui fait l'originalité de la série, c'est la forme de carnet de bord que prend le récit, raconté par l'annaliste de la troupe, Toubib. Au plus proche du quotidien des mercenaires, racontant les actes les plus emblématiques de ses membres autant que les petits riens, les écrits désenchantés et cyniques du médecin de la compagnie sont bien loin de tout manichéisme. A travers les personnages de la Dame, des Asservis tout saufs solidaires, mais aussi des rebelles pas si blancs que ça, c'est un questionnements sur la nature du mal qui se dessine, par petites touches. Et puis, peu à peu, au fil des missions, des actes de guerres et des magouilles se dessine quelque chose. Un fil rouge, quelque chose de grandiose ou de tragique qui se prépare.
Loin des univers et des histoires classiques d'elfes, de nains et de dragons, la compagnie noire a su apporter sa touche de noirceur et d'originalité au genre pourtant très balisé de la fantasy.

La compagnie noire, Glen Cook, éditions J'ai Lu, 7,60euros pour le tome 1.

Séléné

Ma dulcinée (les deux autres mains du blog) me fait remarquer que ça fait moult mois que je n'ai rien posté. Je m'y attèle donc, avec un dessin de circonstance (ça fait moult mois que je n'ai pas travaillé dessus!). Tout commentaire sur ce dernier est le bienvenu!

mardi 30 août 2011

Freaks Squeele : une série à vous couper le squeele!

Aujourd'hui nous allons (encore) parler de BD.
Une BD franco-belge pour être précis, mais qui sort du carcan habituel (46 pages en quadrichromie).
Je parle de Freaks Squeele : 4 tomes à ce jour, dont le premier fait un peu moins de 150 pages, dont une 30aine en couleur (et les autres sont à l'avenant).

Freaks Squeele, c'est l'histoire d'étudiants qui rentrent en première année dans la FEAH, la Faculté d'Etudes Académiques des Héros.
Oui, héros est un métier comme un autre, et la FEAH n'est qu'une des dizaines universités qui forment à cette vocation. C'est même la dernière en date. Droit, mode, marketing, cours théoriques et pratiques... Rien n'y est oublié!
Mais les projets du directeur de la FEAH semblent bien troubles...
La série s'attache plus particulièrement à la destinée d'un trinôme (si si, ça existe!) composé de Chance d'Estaing (jolie démonette délurée à la souplesse inversement proportionnelle à son manque de force), Li Xiong Mao (jeune asiatique dénuée de pouvoirs, elle compense par son sens tactique et sa maîtrise du flamendo, un mélange de danse et d'art martial) et Ombre de Loup (aussi puissant qu'il est timide et maladroit, il a un faible pour la belle asiatique).
Nos trois héros en formation, loosers annoncés entrés bon derniers dans la FEAH, auront fort à faire pour valider leur année : les points sont durs à accumuler, entre des cours mortels (au premier sens du terme), des condisciples loin d'être fair-play, et un directeur à la fiabilité sujette à caution.
Heureusement, à défaut de pouvoirs puissants, nos trois alliés pourront compter sur leur sens de la débrouille et un allié inattendu au nom évocateur : Funérailles.

Le scénariste et dessinateur, Florent Maudoux, est bourré de talent(s).
En tant que dessinateur pour commencer. Sa maîtrise du noir et blanc autant que de la couleur est impressionnante, tout comme son sens de la mise en page (en dehors de quelques scène de combat un peu confuses dans le premier tome) : Freaks Squeele est véritablement un plaisir pour les yeux.
En tant que scénariste ensuite. Arriver à multiplier les situations les plus abracadabrantes et les références multiples (aux films de séries Z, aux séries télévisées, à la BD, à la littérature...) sans perdre le lecteur, tout en étirant un fil rouge tout au long des 4 tomes, voilà qui était un défi difficile à relever. Florent Maudoux le fait avec succès : c'est un plaisir d'assister aux déboires de Chance, Xiong Mao et Ombre, de déceler les dizaines de clins d'yeux (et d'en louper autant : pas besoin de ceux-ci pour profiter de la série) et de suivre avec impatience et avidité leurs aventures, le suspense étant au programme.
Une BD drôle, haletante, belle : que demander de plus? Qu'elle soit pas chère, peut-être? Et bien pour ceux qui ont un oursin dans le portefeuille sachez qu'elle est en plus dotée d'un excellent « rapport quantité/prix » (14euros90 pour 150 pages, voilà qui est « rentable »).
Voilà, tout est dit. Maintenant, lisez!
Freaks Squeele, 4 tomes (Florent Maudoux, Ankama, 14,90 euros).

mercredi 18 mai 2011

Les lames du cardinal

Je vous ai déjà parlé sur ce blog d'une oeuvre de Pierre Pevel, Les enchantements d'Ambremer. Mais si, souvenez vous, que diable : un roman se passant à la belle époque, un bel hommage aux récits feuilletonants des années 1900 avec, en prime, une belle dose de magies, de fées et de dragons...
Et bien avec les Lames du cardinal, notre auteur se lance encore une fois dans l'hommage et l'uchronie.
En effet, comment ne pas voir dans ces gentilshommes à la rapière facile et au panache sans pareil, ces aventuriers passionnés, courageux, ombrageux ou libertins une ode aux Trois mousquetaires de Dumas. On y croisera ainsi Richelieu (et plus qu'à son tour), Louis XIII, Tréville et même Athos!
Mais comme à son habitude, et comme il sait si bien le faire, Pierre Pevel teinte son roman de fantasy, par petites touches. Une menace draconique omniprésente mais peu visible, un zeste de magie, un ou deux dragonnets de compagnie : nous voilà embarqués dans une France uchronique du XVIIème siècle.
Et il s'y trame de sombres choses, dans cette France, le capitaine La Fargue et sa compagnie de bretteurs désabusés et gouailleurs sont bien placés pour le savoir. Réunis à nouveau en l'an de grâce 1633 à l'initiative du cardinal Richelieu, les fameuses Lames du cardinal, la compagnie d'aventuriers qui fit trembler en son temps la cour d'Espagne et ses dragons assoiffés de pouvoir va partir à la recherche du mystérieux chevalier d'Iruban. Une quête qui les fera contrer les machinations les plus sombres de la cour d'Espagne, les mettra face à la magie la plus noire mais aussi face à un passé trouble que la compagnie pensait révolu.
Roman mêlant intrigues politiques et dragons, combats d'auberges et rites magiques, fougue et bons mots, Les Lames du cardinal est à recommander chaudement aux amateurs de Dumas autant que de fantasy.
Pierre PEVEL, Les Lames du cardinal, Bragelonne, 20euros

dimanche 13 février 2011

La trilogie de l'elfe noir

Les drows!
Voilà une espèce de fantasy maléfique à souhait. Peut-être la meilleure à ce titre. Les elfes noirs (les drows, donc, pour le nom officiel) sont égoïstes, cupides, imprévisibles, cruels, sadiques... En deux mots et en bref : ils sont mauvais et chaotiques. Et ils ont la puissance qui va avec! Heureusement pour la majeure partie des êtres vivants des Royaumes Oubliés (c'est le nom du monde où ils vivent), les drows vivent loin, très loin dans les entrailles de la planète, en un lieu appelé l'Outreterre. Et les pires d'entre eux (car oui, il en existe de pires que les autres) vivent dans cette magnifique cité au nom imprononçable : Menzoberranzan.
Manque de chance, Drizzt Do Urden y est né, et il ne part pas du bon pied.
Premier mauvais point pour lui, il est mâle. Et dans cette société matriarcale de chez matriarcale, être un mâle, c'est pas la panacée. Traités comme des sous-drows, corvéables à merci, leur vie est loin d'être facile. A Menzoberranzan, il n'existe pas de drows mâles inutiles. Pour être plus précis, il n'existe pas de drows mâle inutiles et VIVANTS.
Deuxième mauvais point : Drizzt est un elfe noir bon. Bon, dans le sens empli de pitié, d'empathie et de compassion. Du genre à descendre votre poubelle et à aider les petits vieux à traverser la route. Or, à Menzoberranzan, les boy-scouts ne sont pas les bienvenus.

Et c'est ce qui fait le sel de la trilogie de l'elfe noir (les trois premiers romans d'une saga dédiée aux déboires de Drizzt Do Urden. Et déboires il y aura!) : la découverte de cette société remplie de perversité, de haines fratricides, fondée sur des bases bancales qui encouragent et félicitent la traîtrise, qui applaudissent le meurtre. Une société intégriste aussi, toute entière vouée à l'adoration d'une déesse malfaisante et terrible, où tout élément faible est utilisé puis écrasé.
Et l'on s'y croit. C'est tout le talent de R.A Salvatore de nous raconter, par petites touches, cette anti-société, ce modèle de vie qui ne peut pas être viable et qu'il arrive pourtant à rendre crédible sinon réaliste. Comme il arrive à rendre crédible la psychologie de ces êtres inhumains, dans tous les sens du terme, que sont les drows.
Et puis il y a Drizzt. Par les neufs enfers, quelle classe! Le destin de cet elfe noir en prise avec sa conscience, rempli de doutes, à la recherche désespérée d'un sens à sa vie au milieu des pires bassesses nous passionne avant tout parce que Drizzt Do Urden est le héros par essence, beau, agile, intelligent... A nous rendre jaloux.
Et il aura besoin de toutes ces qualités, et du soutien de son amie Guenhwyvar, énorme panthère magique qu'il peut invoquer à tout moment, pour survivre aux pièges de son peuple et à la vie en ombre-terre pleine de dangers, d'ennemis retors et de monstres brutaux (et oui, c'est de l'héroic-fantsy!) et, mais plus rarement, d'amis indéfectibles. Un monde et un peuple qu'il finira par fuir pour gagner cet ailleurs pour lequel son cœur bat, la surface, là-haut, où d'autres défis l'attendent et où les préjugés envers la terrible ascendance qu'il porte sur son visage le suivront partout.
Certes pas un chef-d'oeuvre, voilà tout de même une histoire bien menée, rythmée, une aventure grandiose, épique, qui mènera Drizzt à lutter contre les siens et nous entraînera à ses côtés des profondeurs de l'Outreterre jusqu'aux plus hautes montagnes des Royaumes-Oubliés.

  Terre natale/ Terre d'exil/ Terre promise, R. A. SALVATORE
nouvelle traduction 2010, Milady,
19,50 euros en GF, existe en version poche

mardi 13 juillet 2010

Thirrin, princesse des glaces

Thirrin va avoir 14 ans, elle est la fille de Carmin, redoutable colosse roux et roi de Haute-Froidurie. Princesse guerrière, elle désespère son précepteur, Maggiore Totus, obligé de limiter son enseignement à l'histoire de la guerre pour parvenir à garder la redoutable princesse dans sa salle de classe. Mais le temps de l'insouciance et des entraînements "pour de rire" avec les gardes de son père est terminé : Scipio Bellorum, l'invincible général de l'empire du Polypont, a terminé de conquérir tout le continent, à l'exception de la Haute-Froidurie, jusque là protégée par ses montagnes. Il va lancer son attaque, à la tête de la plus formidable armée de tous les temps, contre un tout petit pays sans alliés. Le temps presse, le roi Carmin va demander l'impossible à ses soldats : tenir face aux centaines de milliers d'attaquants, le temps que Thirrin trouve des alliés là où ils n'ont eu jusqu'ici que des ennemis, parmi les loups-garous, les vampires, les sorciers, et plus loin encore, au-delà des terres habitables, où un peuple mystérieux vivrait loin des humains depuis toujours... Car face au génie et à la puissance de Scipio Bellorum, seule l'union peut sauver les habitants de Haute-Froidurie.

Ce livre jeunesse se dévore, passionnant d'un bout à l'autre, plein de suspens et d'humour. Il met en scène de façon très originale de grands classiques de la littérature (les loups-garous au sens de l'humour à toute épreuve, les vampires qui s'ennuieraient à mourir si seulement ils le pouvaient, mais aussi l'empire romain et son invincible armée, les amazones et leur empire matriarcal...). A lire absolument!

Un deuxième tome, Lame de Feu, se passe vingt ans plus tard au royaume de Haute-Froidurie. Tout aussi passionnant et surprenant que le premier!



Stuart HILL, Thirrin, princesse des glaces et Lame de feu,
éditions Gallimard, 17 euros chaque.
Le premier tome a été édité en poche (7.60 euros)

dimanche 24 mai 2009

Les enchantements d'Ambremer

On dirait le Paris de la belle époque, col dur et chapeau melon pour ces messieurs, corsets et jupons pour ces dames. Au pied d'une tour Eiffel toute neuve, des gens allument manuellement les réverbères quand la nuit vient, et pourtant... Et pourtant, si on regarde mieux, il y a quelque chose, quelques bizarreries dans ce Paris là : La tour Eiffel, construite dans un étrange bois blanc comme neige, surmonte une Seine dans laquelle se baignent des sirènes, quelques chênes savants philosophent avec les passants et des clubs de gentlemen, réservés aux magiciens, accueillent certains "hommes" aux oreilles étrangement pointues...
Bienvenus au Paris des merveilles de Pierre Pevel !
Un blason mystérieux, un sombre sorcier, des gargouilles (vivantes !), un soupçon d'espionnage, et la très mystérieuse (et très caractérielle) Isabelle de Saint Gil, qui vous... Enchantera littéralement. Voila à quoi devra faire face Louis Denizart Hypolite Griffont, mage du cercle Cyan armé, entre autre, de son flegme si britannique.
Entre Gaston Leroux et Tolkien, Pierre Pevel nous mène, par le bout du nez, dans une aventure rocambolesque à souhait, que vous lirez en quelques jours, voire même en quelques heures !

Les enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel, 2007 (1ère ed. 2004), Livre de Poche, 6 euros