lundi 13 juin 2011

Balade à Périgueux : Vesuna

Pour de bien tristes raisons, nous avons eu cet hiver l'occasion d'errer à Périgueux, et de découvrir une belle ville, riche en histoire.

Tout d'abord, je vous conseille vivement la visite du Vesuna, le musée gallo-romain de la ville. Car Périgueux possède un important patrimoine architectural romain, et le musée en soi est exceptionnel. Après la mise au jour d'une vaste et riche domus à deux pas de l'ancien temple dont une haute tour est toujours visible, la construction du musée a été décidée, et l'architecture confiée à Jean Nouvel. Son coup de génie? Le musée est bâti au dessus de l'emplacement d'origine de la domus, rien n'a été déplacé (pas même un arbre, pris dans l'architecture du musée) et des passerelles de bois permettent de se déplacer entre les différentes pièces de la maison.


La tour, vestige de l'ancien temple romain.


Le musée, posé par dessus les vestiges...



Les passerelles circulent entre les différentes pièces mises au jour : une visite en trois dimension exceptionnelle, et des collections très riches et variées : jouets, bijoux, art funéraire, mosaïques, sculptures...

Par ailleurs, la vieille ville de Périgueux comporte également de beaux restes d'architecture allant du Moyen Âge à l'époque classique en passant par la Renaissance : de quoi contenter les plus difficiles!

Stéphanie Plum


Stéphanie Plum est fauchée. Elle a perdu son job d'acheteuse en lingerie, et vend pièce à pièce tout le mobilier de son appartement pour payer ses factures. En désespoir de cause, elle se décide à faire appel à son cousin Vinnie pour qu'il lui file un boulot. Et elle l'aura au chantage. Quel boulot? Chasseuse de prime, rien que ça. Courir après des criminels qui ne respectent pas leurs engagements judiciaires et les ramener à la police contre argent. Bien joli, tout ça, mais il y a (au moins) deux problèmes :

1°) Stéphanie ne sait pas tenir une arme, un comble dans le New Jersey. Qu'à cela ne tienne, Ranger, chasseur de prime également, se chargera de lui apprendre les bases du métier, de la maintenir en bonne forme physique (quitte à la traîner faire du jogging à 5 heures du matin) et de lui filer un coup de main si nécessaire. Et c'est souvent nécessaire. Mais qu'importe : Ranger, c'est Batman, mais en mieux!

2°) Sa première mission : ramener de gré ou de force Morelli, un flic de la ville accusé de meurtre. Arrêter un flic n'est pas une mince affaire! D'autant qu'entre Stéphanie et Morelli existe un vieux contentieux qui rend difficile une approche strictement professionnelle de l'affaire : Morelli le dragueur a un peu dépucelé Stéphanie quand elle avait 16 ans avant de la laisser tomber comme une vieille chaussette, et Stéphanie a un peu écrasé Morelli avec la Buick de son père quand elle en avait 18. Pas pour rien qu'ils ont du sang italien dans les veines.

A tout ceci s'ajoute un dernier problème : les voitures. Stéphanie est maudite de la voiture : confisquées, volées, brûlées, explosées, elle en détruit a minima deux par tomes, à son grand désespoir.

Les aventures de Stéphanie Plum, ou l'art de se payer une bonne tranche de rigolade! Tout y est parfaitement loufoque : les missions, la famille de Stéphanie, son mauvais karma avec les voitures, Rex le hamster... Neuf volumes traduits en français, et malheureusement de plus en plus difficiles à trouver. Bonne nouvelle : un film est prévu sur les aventures de Stéphanie Plum, espérons que cela permette une reprise de l'édition française!

Stéphanie Plum, par Janet EVANOVICH,
Éditions Pocket, 6,50 euros le tome (mais certains sont en rupture)

mercredi 18 mai 2011

Les lames du cardinal

Je vous ai déjà parlé sur ce blog d'une oeuvre de Pierre Pevel, Les enchantements d'Ambremer. Mais si, souvenez vous, que diable : un roman se passant à la belle époque, un bel hommage aux récits feuilletonants des années 1900 avec, en prime, une belle dose de magies, de fées et de dragons...
Et bien avec les Lames du cardinal, notre auteur se lance encore une fois dans l'hommage et l'uchronie.
En effet, comment ne pas voir dans ces gentilshommes à la rapière facile et au panache sans pareil, ces aventuriers passionnés, courageux, ombrageux ou libertins une ode aux Trois mousquetaires de Dumas. On y croisera ainsi Richelieu (et plus qu'à son tour), Louis XIII, Tréville et même Athos!
Mais comme à son habitude, et comme il sait si bien le faire, Pierre Pevel teinte son roman de fantasy, par petites touches. Une menace draconique omniprésente mais peu visible, un zeste de magie, un ou deux dragonnets de compagnie : nous voilà embarqués dans une France uchronique du XVIIème siècle.
Et il s'y trame de sombres choses, dans cette France, le capitaine La Fargue et sa compagnie de bretteurs désabusés et gouailleurs sont bien placés pour le savoir. Réunis à nouveau en l'an de grâce 1633 à l'initiative du cardinal Richelieu, les fameuses Lames du cardinal, la compagnie d'aventuriers qui fit trembler en son temps la cour d'Espagne et ses dragons assoiffés de pouvoir va partir à la recherche du mystérieux chevalier d'Iruban. Une quête qui les fera contrer les machinations les plus sombres de la cour d'Espagne, les mettra face à la magie la plus noire mais aussi face à un passé trouble que la compagnie pensait révolu.
Roman mêlant intrigues politiques et dragons, combats d'auberges et rites magiques, fougue et bons mots, Les Lames du cardinal est à recommander chaudement aux amateurs de Dumas autant que de fantasy.
Pierre PEVEL, Les Lames du cardinal, Bragelonne, 20euros

Le gang des mégères inapprivoisées

En ce moment, l'ambiance était à la bonne vieille déprime, celle qui vous colle sous la couette ou devant la télé, et vous ralentit le neurone. Pas questions donc de faire grand chose de ses dix doigts et de ses deux yeux. Une amie m'a donc fermement collé ce bouquin entre les mains pour secouer mon apathie. Bilan : qu'est-ce que je me suis marré! J'ai laissé tout mon boulot de côté, j'ai re-plongé sous la couette (mais pour la bonne cause, cette fois) et j'ai dévoré ce petit bijou d'humour britannique totalement absurde.


La famille Grope vit depuis bien des siècles dans une vieille baraque dans la campagne anglaise, baraque perdue au milieu de vastes terres et gardée par des taureaux (et des molosses, on n'est jamais trop prudent). Quand on est mâle, il ne fait pas bon traîner autour de ladite demeure. Car depuis le jour fort lointain où la première Grope ramena plus ou moins de force dans sa maison un pauvre Viking qui n'avait pas eu la bonne idée de reprendre la route (il souffrait d'un mal de mer terrible) et l'épousa, la tradition fut lancée : les femmes Grope prirent la plus ou moins bonne habitude d'enlever les mâles de passage, de les épouser (on n'est pas des sauvages) et de les séquestrer (d'où l'utilité des chiens et des taureaux susdits, entre autre) tant qu'ils étaient capables de les mettre enceintes pour qu'elles mettent au monde de braves petites Grope pour perpétuer la tradition (personne n'a vraiment voulu savoir de près pourquoi il naissait si peu de garçons chez les Grope). La tradition a donc perduré, puis s'est un peu perdue (quelle tristesse).

Et voilà que, parfaitement inconsciente du danger, cette nigaude de Vera va demander à son frère de garder chez lui quelques temps son fiston chéri adoré de l'amour, Esmond, dix-huit ans d'ennui discret. Et qui c'est qui va être content? C'est l'épouse de tonton, Belinda, née Grope, qui décide qu'il est grand temps de faire renaître les bonnes vieilles traditions...

Tom SHARPE, Le gang des mégères inapprivoisées,
Editions 10-18, 7,40 euros

dimanche 1 mai 2011

Adieu, grand père

23 mars 2011... Adieu grand père.

Dar Dgedi (la maison de mon grand père)

J'habite une maison en pierre
Le toit abrite quelques fissures
Loin des regards au milieu des arbres
Avant je la voyais comme un palais

J'habite entre les montagnes
Quand j'ai soif, je vais à la source
Quand j'ai froid, j'allume un feu
Quand je veux de la lumière, j'attends le jour
Quand je veux pleurer, je me souviens

J'habite seul au bout du monde
La maison que mon grand père a bâtie
Était mon seul abri
J'en suis venu à parler seul
Et avec les rares personnes qui se rappellent de moi
La maison que mon grand père a bâtie
Était mon seul abri

Je n'ai pas peur des intempéries
Quand il pleut le toit tremble
J'ai depuis longtemps préparé des bûches
Mais j'ai aussi appris à anticiper

J'habite seul au bout du monde
La maison que mon grand père a bâtie
Était mon seul abri
J'en suis venu à parler seul
Et avec les rares personnes qui se rappellent de moi
La maison que mon grand père a bâtie
Était mon seul abri

Chanson écrite et composée par Souad Massi, album Mesk elil, 2005.

dimanche 13 février 2011

La trilogie de l'elfe noir

Les drows!
Voilà une espèce de fantasy maléfique à souhait. Peut-être la meilleure à ce titre. Les elfes noirs (les drows, donc, pour le nom officiel) sont égoïstes, cupides, imprévisibles, cruels, sadiques... En deux mots et en bref : ils sont mauvais et chaotiques. Et ils ont la puissance qui va avec! Heureusement pour la majeure partie des êtres vivants des Royaumes Oubliés (c'est le nom du monde où ils vivent), les drows vivent loin, très loin dans les entrailles de la planète, en un lieu appelé l'Outreterre. Et les pires d'entre eux (car oui, il en existe de pires que les autres) vivent dans cette magnifique cité au nom imprononçable : Menzoberranzan.
Manque de chance, Drizzt Do Urden y est né, et il ne part pas du bon pied.
Premier mauvais point pour lui, il est mâle. Et dans cette société matriarcale de chez matriarcale, être un mâle, c'est pas la panacée. Traités comme des sous-drows, corvéables à merci, leur vie est loin d'être facile. A Menzoberranzan, il n'existe pas de drows mâles inutiles. Pour être plus précis, il n'existe pas de drows mâle inutiles et VIVANTS.
Deuxième mauvais point : Drizzt est un elfe noir bon. Bon, dans le sens empli de pitié, d'empathie et de compassion. Du genre à descendre votre poubelle et à aider les petits vieux à traverser la route. Or, à Menzoberranzan, les boy-scouts ne sont pas les bienvenus.

Et c'est ce qui fait le sel de la trilogie de l'elfe noir (les trois premiers romans d'une saga dédiée aux déboires de Drizzt Do Urden. Et déboires il y aura!) : la découverte de cette société remplie de perversité, de haines fratricides, fondée sur des bases bancales qui encouragent et félicitent la traîtrise, qui applaudissent le meurtre. Une société intégriste aussi, toute entière vouée à l'adoration d'une déesse malfaisante et terrible, où tout élément faible est utilisé puis écrasé.
Et l'on s'y croit. C'est tout le talent de R.A Salvatore de nous raconter, par petites touches, cette anti-société, ce modèle de vie qui ne peut pas être viable et qu'il arrive pourtant à rendre crédible sinon réaliste. Comme il arrive à rendre crédible la psychologie de ces êtres inhumains, dans tous les sens du terme, que sont les drows.
Et puis il y a Drizzt. Par les neufs enfers, quelle classe! Le destin de cet elfe noir en prise avec sa conscience, rempli de doutes, à la recherche désespérée d'un sens à sa vie au milieu des pires bassesses nous passionne avant tout parce que Drizzt Do Urden est le héros par essence, beau, agile, intelligent... A nous rendre jaloux.
Et il aura besoin de toutes ces qualités, et du soutien de son amie Guenhwyvar, énorme panthère magique qu'il peut invoquer à tout moment, pour survivre aux pièges de son peuple et à la vie en ombre-terre pleine de dangers, d'ennemis retors et de monstres brutaux (et oui, c'est de l'héroic-fantsy!) et, mais plus rarement, d'amis indéfectibles. Un monde et un peuple qu'il finira par fuir pour gagner cet ailleurs pour lequel son cœur bat, la surface, là-haut, où d'autres défis l'attendent et où les préjugés envers la terrible ascendance qu'il porte sur son visage le suivront partout.
Certes pas un chef-d'oeuvre, voilà tout de même une histoire bien menée, rythmée, une aventure grandiose, épique, qui mènera Drizzt à lutter contre les siens et nous entraînera à ses côtés des profondeurs de l'Outreterre jusqu'aux plus hautes montagnes des Royaumes-Oubliés.

  Terre natale/ Terre d'exil/ Terre promise, R. A. SALVATORE
nouvelle traduction 2010, Milady,
19,50 euros en GF, existe en version poche

samedi 12 février 2011

Belange

Adrien a fondé à Paris une maison d'édition qui marche bien. Durant la semaine, il mène sa vie parisienne : costumes haut de gamme, cocktails, rencontres avec des auteurs, lignes éditoriales, maîtresses BCBG. Chaque vendredi, à 17h, immuablement, il prend sa voiture de sport et file plein ouest vers Belange, l'antique manoir familial. Belange est un lieu chic, plein des souvenirs accumulés par son aristocratique famille : dallages blancs et noirs, antiques bergères inconfortables, portraits d'ancêtres... Adrien s'y emmerde. Totalement. Définitivement. Mais il n'arrive PAS à ne pas venir à Belange.

Et puis voilà qu'un soir, il arrive un peu plus tôt que d'habitude. Et il découvre dans la cuisine les restes encore tièdes d'un cassoulet! Il y a un squatteur à Belange! La vaisselle sale s'accumule dans l'évier, un carreau a été cassé, et il a osé siffler toutes ses réserves de petits gâteaux!

Adrien, en homme parfaitement civilisé va prendre la mesure qui s'impose. Il va écrire un petit message au squatteur en le priant fermement de bien vouloir faire la vaisselle à l'avenir.

L'invitation est lancée : Adrien occupe Belange le week end, en laisse l'usage durant la semaine à son mystérieux squatteur qui lui a fort civilement répondu...

Une correspondance s'amorce entre les deux personnes qui ne se connaissent pas...

On m'a conseillé ce livre un soir de déprime : dévoré et hilarant!

Patrick CAUVIN, Belange,
Livre de Poche, 6 euros