J'ai décidé que j'en avais marre des tubes de dentifrice à jeter, j'ai donc testé plusieurs choses (dentifrice en poudre, etc) et au final j'ai trouvé sur le blog de Mamzelle Emie ce dentifrice qui me convient parfaitement : il mousse bien et il a bon goût!
Pour un bloc de dentifrice :
5g d'huile de coco
5g d'argile verte (ou blanche)
15g de carbonate de calcium (poudre abrasive, beaucoup plus fine que le bicarbonate qui peut abimer les dents à la longue)
10g de SCI (agent moussant)
15 gouttes d'HE (pour ma part un mélange de menthe poivrée et de clou de girofle)
Un pot à couvercle pour couler le dentifrice
1°) Au bain marie, faire fondre l'huile de coco et le SCI (qui reste toujours pâteux et granuleux : c'est normal!)
2°) Hors du feu ajouter le carbonate de calcium, l'argile et l'HE et bien mélanger (ça pâtouille, c'est toujours normal ;-) !
3°) Verser la préparation dans une boîte (genre petite boîte en métal à couvercle ou pot de crème de jour bien lavé) et laisser sécher 24H avant utilisation.
4°) Pour utiliser, mouiller votre brosse à dent et la frotter sur la pâte durcie pour la faire mousser!
jeudi 6 avril 2017
mercredi 5 avril 2017
Lessive au savon de Marseille
Voilà un poste de dépense important, et en plus j'aime PAS les parfums industriels... Du coup j'expérimente une nouvelle recette de lessive maison (j'avais déjà testé une lessive aux noix de lavage que j'ai utilisé longtemps mais qui n'est pas assez efficace pour les grosses taches type "bébé-cradou" :-D! La recette vient du site grands-mères.net, je vous la remet ici (sans les pop up sonores que j'exècre!) :
Pour 3 litres de lessive :
100g de savon de Marseille à 72% râpé ou en copeaux
3 cuillères à soupe de bicarbonate
2L d'eau chaude
1L d'eau froide
20 gouttes d'huile essentielle au choix (j'ai mis de l'eucalyptus, ça sent boooooon)
Un seau ou une grande bassine
Un mixer plongeant
Un ou deux gros flacons pour mettre la lessive finie
PRÉVOIR UN TEMPS DE REPOS DE 24H ENVIRON (cette lessive n'est pas à faire au dernier moment)
1°) Si besoin, râper le savon de Marseille.
2°) Dans un seau ou une grande bassine, placer le savon de Marseille, verser l'eau chaude en mélangeant bien.
3°) Ajouter le bicarbonate de soude.
Laisser reposer 24h, le mélanger va gélifier, c'est normal!
4°) Le lendemain, ajouter un litre d'eau froide et l'huile essentielle, puis mixer soigneusement.
5°) Verser dans les flacons.
Conseil de l'ami Antonin qui fabrique sa lessive depuis plus longtemps que moi : un gros bidon avec une ouverture bien large, c'est plus pratique. Et ne pas remplir jusqu'en haut car il faut bien secouer le bidon avant usage pour re liquéfier la lessive :-) !
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mardi 4 avril 2017
Pierre d'argile maison
Parce que je me suis aussi mise à faire mes produits d'entretien maison, voici la recette de la pierre d'argile maison (vous savez, ce truc qu'on vous vend une blinde aux caisses des magasins de bricolage?). C'est très rapide à préparer, avec des ingrédients simples et très peu coûteux :
Pour 200ml (deux petits pots ou un gros) :
85g d'argile (blanche ou verte)
60g de bicarbonate de soude (abrasif)
60g de savon noir
HE au choix (j'ai pris citron vert, une tuerie)
Un pot à ouverture large (pour pouvoir frotter l'éponge dessus).
1°) Mélanger les poudres ensemble.
2°) Ajouter le savon noir et l'HE. L'ensemble devient pâteux.
3°) Verser dans un pot et laisser sécher au soleil 1 ou 2 jours.
Très utile pour nettoyer l'évier ou la baignoire :-)!
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dimanche 4 septembre 2016
Les incroyables (mais presque vraies) aventures du club des chasseurs Ch.4
Chapitre 4 : Le Petit Frère.
Le cas du bus canari :
Le paysage morne de champs moches, mous
et mouillés avait amorti la chute du bus avec un bruit de succion
peu ragoutant. Le gros engin avait aplati plusieurs mètres de plants
de colza (peut-être le seul point positif de l’accident) avant de
s’immobiliser. Les phares illuminaient le décor, c’est-à-dire
pas grand-chose d’intéressant, et le moteur tournait encore.
- Mais c’est vrai qu’elle est
solide, cette boite de conserve.
Lili avait émergé la première de la
structure. Derrière elle, se massant la tête, Catelyn se hissa hors
du véhicule en jetant un regard noir à la blondinette : pas
une égratignure, pas une bosse, et ces deux petites couettes
insupportablement impeccables, à peine mouillées et en aucune façon
décoiffées. C’était proprement et désespérément injuste. La
rousse écarta une mèche trempée et boueuse de devant ses yeux
mouillés et boueux, massa une bosse douloureuse (et boueuse) sur son
front, tata blouson de cuir intact et son t-shirt déchiré (et tâché
par la boue) avant de murmurer :
- C’était un Petit Frère, non ?
A son tour, Robert apparut, le regard
sombre1
:
- C’en est un, oui. Où est Alice ?
- Aucune idée…
La pluie avait cessé, les nuages
avaient fui la scène et la lune s’était obligeamment mise en
avant. Elle aurait pu éviter, le spectacle n’était pas des plus
réjouissant : En arrière-plan, une masse de goules trainait
les restes d’Alcibiade au loin. Au premier plan, la nièce du vieil
homme tournait le dos au reste du groupe, la tête baissée, les
poings crispés, les yeux rivés sur le deuxième plan. Le deuxième
plan, donc, c’est à dire le gros et grand monstre au regard fou, à
la mâchoire déboitée et à moitié arrachée, pendante et baveuse,
aux bras gigantesques et simiesques touchant presque le sol, au torse
aussi large qu’une plateforme pétrolière et aux jambes comme des
piliers de béton. C’était bien un Petit Frère, c’était même
Petit Charlie. Rarement dans l’histoire de la patronymie des
surnoms n’avaient été aussi mal attribués.
Alice se retourna, croisant les regards
de Robert, Catelyn et Lili.
Instinctivement, ses trois compagnons
reculèrent d’un pas. Alice ne les regardait pas, pourtant. Elle ne
les voyait même pas : ses yeux étaient deux puits sans fond,
deux tourbillons noirs où le chagrin et la rage se disputaient la
place en un combat sans fin. Sa mâchoire crispée en une parodie
malsaine de sourire grimaçant révélait des lèvres retroussées,
d’où semblait sortir un grondement sourd, à peine perceptible
mais pourtant - comment pouvait-ce être possible - audible à dix
mètres ; une vibration à faire trembler les os et les têtes.
Le pouvoir sourdait du corps de la jeune fille avec une telle force
qu’il en paraissait presque palpable. Elle semblait à cet instant
capable de tout. Et de toute évidence, elle en avait l’intention.
Cependant, elle tournait le dos à un
vampire de type 3. Un TYPE 3.
Un type 3 qui, avant même sa
transformation, aurait pu gagner sans trop se dépenser la coupe du
monde de folie furieuse psychopathique.
Un type 3 dont les mains avaient
chacune la surface d’une raquette de tennis. Une grande raquette de
tennis.
Le revers la cueillit juste sous le
menton et, à l’issue d’un élégant lob par-dessus les têtes de
Cate, Lili et Robert, l’envoya heurter rudement le bus canari puis
glisser contre le sol, inconsciente.
- Ouch – dit Lili – ça doit faire
mal, ça – elle marqua un silence, puis : - Bon, on se casse ?
Robert lui jeta un regard meurtrier,
Catelyn leva les yeux au ciel.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
Sans répondre, le brun arma son fusil
et avança vers le vampire. Catelyn jeta un regard lourd de sens à
la petite blonde, ce qui lui faisait une belle jambe vu qu’elle ne
savait pas de quel sens il était lourd.
- Mais qu’est-ce que j’ai dit,
encore ?
Roger, avec détermination et un
certain fatalisme, avança sur le monstre, qui le regardait d’un
regard avide, avec un appétit mal dissimulé pas du
tout dissimulé.
Il tira à deux reprises au hasard,
attirant l’attention du monstre qui se tourna lentement vers son
agresseur. Roger se campa fermement sur ses pieds - alors que le
vampire le scrutait - mis à nouveau sa carabine en joue - le monstre
poussa un hurlement terrifiant surmontant les bruits du moteur du bus
et de l’orage réunis - visa soigneusement - le vampire commença à
courir, provoquant des séismes à chacun de ses pas - puis enfin
tira. Il tira sans s’arrêter, droit dans la tête. Dix coups
d’affilée, presque sans pause entre les coups, des tirs de
professionnel, un travail magnifiquement exécuté qui aurait mérité
des applaudissements. Enfin, s’il avait eu le plus petit effet. La
chose ne parut pas souffrir, ne ralentit même pas et, arrivée au
contact du brun, leva une main gigantesque et griffue, tout en
esquissant un sourire.
Roger ferma les yeux par réflexe et,
sentant le souffle du déplacement d’air, attendit le choc. Et
puis il attendit encore. Et puis il ouvrit, timidement, un œil, la
tête toujours rentrée dans les épaules, au cas où. Puis il se
détendit (enfin, autant que possible à proximité d’un type 3) :
Tiens, elle était venue, finalement,
la petite furie qui se battait maintenant avec la bestiole, ou plutôt
essayait. Toute rapide qu’elle soit, ça ne suffisait pas : il
recevait peu de coups – et autant s’écraser le poing contre un
pilier en béton armé – mais en donnait beaucoup. Elle encaissait
étrangement bien, cette Lili, revenant à la charge à la vitesse
d’une fusée quand il l’expédiait au loin, frappant d’un côté,
de l’autre, mordant, griffant, hurlant, parant et contre-attaquant
sans cesse. Mais c’était le combat de David contre Goliath, celui
d’un moustique contre un Eurocoptère EC665 Tigre. Bref, c’était
inégal et perdu d’avance.
C’est alors que la terre boueuse, de
part et d’autre du vampire, changea de forme et de texture,
s’assembla, se dressa et se modela en deux semblant de bras. Des
bras énormes, larges et hauts comme les troncs de deux arbres
vénérables. Les deux appendices enlacèrent le vampire, doucement
d’abord, comme on enlace un amant. Et puis ils serrèrent,
serrèrent, de plus en plus fort.
Roger jeta un regard en arrière :
Catelyn, agenouillée à terre, avait enfoncé dans le sol ses deux
bras jusqu’aux épaules. Sa respiration était saccadée, des
gouttes de sueur perlaient sur la peau de son visage crispé par la
concentration, par la douleur aussi, peut-être. Elle non plus ne
tiendrait pas longtemps.
Bah, pensa Roger, perdu pour perdu...
Il haussa les épaules et avança vers le monstre. Il attendit un
moment de répit dans le combat enragé entre ce dernier et la
blondinette, puis lui tapota sur l’épaule. Le vampire, un brin
étonné, tourna la tête vers Roger. Visant soigneusement, ce
dernier envoya son plus bel uppercut dans le visage peu ragoutant de
la créature. Il entendit un craquement, qui venait sans doute de sa
main plutôt que du visage de l’autre.
« Voilà, se dit-il, c’est
fait » Il ressentait une sorte de soulagement à l’idée que
ça allait finir, là, maintenant. Pour l’instant, aucune douleur,
aucune sensation n’était présente. Derrière lui, il entendit
vaguement les voix de Catelyn et Lili, sans y prêter plus attention
que ça. Le temps s’étira, semblait-il à l’infini.
Puis il fit plus sombre, tout à coup.
Roger leva les yeux au ciel, mit
quelques secondes avant de comprendre, puis les écarquilla tandis
qu’une vague d’adrénaline se déversait à travers tout son
corps. Ce dut être cet instinct de survie ancré en chaque être
vivant, et non quelque réaction consciente, qui le fit se jeter sur
le côté, oublieux de tout, y compris de l’affreuse créature à
ses côtés.
Cabossé, déformé, éraflé,
déglingué, toujours revêtu pourtant de sa livrée jaune
caractéristique, le bus s’abattit sur le vampire dans un bruit
assourdissant, avant de s’élever à nouveau dans les airs, semant
des coulées de terre et de sang sur son sillage. Le vampire se
releva en grognant, groggy, et le bus s’abattit à nouveau sur lui.
Puis une troisième fois, avant même que le monstre n’ait pu se
relever. Une quatrième fois. Une cinquième…
Roger avait rampé à l’écart et
observait stupéfait le spectacle. Sans répit, le bus s’élevait,
retombait, s’élevait, retombait, creusant un cratère de boue, de
terre, et de pierres de plus en plus profond là où se trouvait
encore le vampire.
Le brun se tourna vers ses deux
compagnes d’infortune, médusées elles aussi. Catelyn haussa les
épaules en réponse au regard muet de l’homme.
Un mouvement, derrière. Une ombre, une
silhouette reconnaissable.
Il la vit s’avancer, boueuse,
crasseuse, des masses de cheveux lui tombant sur le visage,
ensanglantée de la tête au pied, à peine vivante. On ne voyait
plus que le blanc de ses yeux exorbités. Alice s’approcha du Petit
Frère en titubant. On eut dit qu’un marionnettiste l’utilisait,
ses bras, ses jambes bougeaient sans logique aucune, sa tête
dodelinait au rythme de ses soubresauts.
Le vampire n’était maintenant plus
qu’un amas à peine reconnaissable de chair mais il y avait de la
vie en lui, encore. Il commença à se relever.
Les bras de la brune, comme mus par une
vie propre, se levèrent vers le monstre - les mains pendaient au
bout comme des bout de chiffons inutiles – et au-dessus d’eux
deux, toutes les vitres du bus se brisèrent en même temps. Un
grincement ignoble fit trembler toute la structure, alors que des
dizaines de morceaux de métal gros comme la main se désolidarisaient
les uns après les autres de la structure. Ils virevoltèrent
follement pendant plusieurs secondes puis s’agglomérèrent en une
sphère tranchante et mortelle qui entoura l’être. Et chaque
morceau de verre, chaque bout de métal tordu se mit en branle. La
sphère le transperça, le lacéra, lui creva les yeux, lui trancha
les jambes, les bras, lui transperça le cœur et pour finir le
décapita.
Quelques instants encore, le monstre
resta debout et Roger frissonna d’horreur à l’idée qu’il fut
encore vivant et qu’il allait bientôt s’avancer vers eux,
absurde créature sans tête. Mais la chose bientôt chut au sol et,
le temps d’un clin d’œil, se mua en une poussière fine que le
vent balaya sans attendre.
C’était fini. Le vampire était
mort.
Alice poussa un gémissement à peine
audible, et tous ses muscles se relâchèrent les uns après les
autres : ses bras churent le long de son corps, un genou céda,
puis l’autre et la jeune fille s’écroula enfin dans la boue, la
tête en avant. Roger vint la prendre dans ses bras, avec douceur et
précaution, comme on cueille une fleur rare. Catelyn, à ses côtés,
leva la tête vers l’homme brun :
- Mais qu’est-ce qu’elle est ?
- Je ne sais pas – répondit-il, les
yeux rivés sur la jeune fille inanimée –Je ne sais pas…
Alors seulement le bus retomba,
cabossé, torturé, estropié, mais étrangement peu au regard du
traitement qu’il avait subi. Quant au moteur, il tournait encore,
sans à coup. Lili vint alors tapoter la carcasse, comme on caresse
un chien bien dressé.
…
Le groupe redressa péniblement le bus
canari mal en point et reprit la route. La pluie et l’orage avaient
cessé. A part le grondement rassurant du bus, rien ne venait
troubler ce calme dont on parle rarement, celui après la tempête.
On avait allongé Alice à cheval sur deux banquettes : elle
n’avait toujours pas repris conscience. Roger avait, sans un mot et
sans qu’on lui demande, repris le volant du bus. Catelyn, blottie
dans un siège encore intact, s’était endormi rapidement malgré
les courbatures et les blessures, son blouson posé sur le torse,
bercée par les cahotements de la route. Lili, debout sur un siège,
le vent fouettant ses deux couettes, contemplait d’un air pensif
les ombres mouvantes et éphémères qui défilaient au passage du
véhicule. Elle massait sa joue endolorie d’un air absent.
Elle alla retrouver Roger à l’avant
du bus. Tous deux, en silence, contemplèrent un instant le soleil
émerger, ses feux rougeoyants qui bientôt feraient sécher les sols
et les blessures. Ils avaient traversé, ensemble, une terrible
épreuve. Lili tourna son regard vers celui de Roger. Il lui fit un
léger sourire qui disparut aussitôt quand elle conclut leur
aventure de ces mots :
- Quand c'est qu’on arrive ?
1Ce
qui en soi ne signifiait rien : le « regard ténébreux© »,
était une marque de fabrique chez le brun. Il avait d’ailleurs
été déposé par Roger : il détenait des droits dessus.
mercredi 31 août 2016
Balade au Musée du Jouet, Moirans en Montagne (39)
Pour la troisième fois, cet été, j'ai été visiter le Musée du jouet de Moirans en Montagne. J'ai toujours adoré les jouets anciens et plus récents (je collectionne les Playmobil depuis mon enfance et saute sur les jouets et jeux anciens que je croise en brocantes quand mes moyens me le permettent ^_^!). Impossible pour moi donc d'ignorer ce musée situé à moins de dix kilomètres de la maison de famille et entièrement rénové entre 2010 et 2012. Point important à mes yeux : il est accessible aux personnes en fauteuil roulant.
Le musée possède une collection de près de 20000 pièces datées du 2ème millénaire avant JC jusqu'à nos jours, dont 2000 exposées, et organise régulièrement des expositions temporaires : sur les Playmobil il y a deux ans, et sur le vélo cette année à l'occasion du passage du tour de France dans la ville cette été.
Les collections sont organisées au sein d'un parcours thématique (jeux d'intérieurs, jeux d'extérieurs et fabrication des jouets, puisque le Jura est le pôle de fabrication du jouet en France).
Place à quelques images pour vous donner envie à votre tour de visiter ce musée!
Depuis le président américain Théodore Roosevelt (1901-1909),
le "Teddy bear" est à la mode!
Petites et grandes voitures émerveillent...
Bateaux, trains, voitures, avions : des jouets universels!
La poupée, un des plus ancien jouet de l'humanité...
J'ai un gros faible pour les meubles de poupées ^_^!
Les automates, jouets de luxe du siècle dernier...
Balles, quilles, seaux...
Le mot "boulevard" est né au Moyen Âge du jeu de boules pratiqué dans la rue!
A dada sur mon cheval à pédales...
Ou à dos de tracteur!
Les jeux d'images et d'animation ont révolutionné le XIX° siècle... Jouets de luxe!
Jeux de théâtre et de société...
Un tour, qui servait à fabriquer les jouets en bois tourné, spécialité du Jura...
Les paysans tournaient des jouets en hiver, durant la saison morte, pour gagner de l'argent!
Site du musée :
Tarifs :
7,50E en plein tarif.
Musée ouvert toute l'année.
Musée accessible aux personnes handicapées!
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dimanche 28 août 2016
Les incroyables (mais presque vraies) aventures du club des chasseurs Ch.3
Chapitre 3 : Conférence sur les
vampires. Marche silencieuse. Course bruyante. Le Véhicule :
Catelyn se massa un instant les yeux,
tentant vainement de se soustraire au spectacle affligeant qui lui
faisait face.
C'était la cuisine, et le mot
affligeant n'était pas de trop. Nul besoin de décrire les meubles
ou la "décoration", il nous suffira de préciser que la
pièce avait été conçue dans les années quatre-vingt, période
phare s'il en est du mauvais goût.
Cependant, la cuisine avait deux
avantages : le premier, elle était en bon état. Entendez par là
qu'aucun éclair n'avait traversé son plafond et qu'aucune fenêtre
n'avait été brisée par une balle de fusil. Deuxième avantage, au
regard de la coupure de courant, elle était pourvu en abondance de
bougies.
L'éclairage ainsi apporté, s'il était
chiche, avait l'avantage de cacher aux yeux de nos héros une grande
partie de l'immonde tapisserie qui parasitait les murs depuis,
semblait-il, une trentaine d'années.
Tout le monde s'était installé autour
d'une table métallique peinte en "vert Derrick"1,
dans un silence tendu. Ce fut Cate qui prit la parole en premier :
- Bon. Deux choses : la première, on
est parvenu à battre deux vampires sans aucune perte. La deuxième,
on est pas deux mais bien trois Puissants, vu que la petiote aussi à
des pouvoirs.
- Ne m'appelez pas petiote -
répondit Alice en la pourfendant de son regard à défaut d'autre
chose -
- Deuxième chose – reprit la rousse
sans aucune considération pour Alice et à son grand agacement - et
c'est plus inquiétant, ces deux vampires que nous avons combattu
sont de type 4. La bleusaille sera j'en suis sûre ravie d'apprendre
qu'on compte 3 type de vampires : les vampires de type 2 sont les
plus puissants. On les appelle aussi les Pères, et ils ont la
capacité par le partage de leur sang de créer soit un égal, à la
puissance similaire à la leur, soit une version abâtardie de la
race (le type 3 donc) appelée Petits Frère, et dotée de la
capacité de créer par simple morsure les versions les plus
dégénérées de la race, les types 4, ou goules.
- Et il n'y a pas de vampires de type 1
?
- On raconte effectivement qu'il existe
une version monstrueusement puissante et incroyablement cruelle de la
race vampirique. En réalité ça n'existe pas, ça n'a jamais existé
et ça n'existera jamais : c'est une légende urbaine pour vampire
craintif. Un mélange de croque mitaine et d'objet de croyance, si
l'on peut dire, pour la société vampirique, qui les appelle les
Grands-pères.
- Ouais - confirma Lili - Enfin
Grands-pères ça veut pas dire grabataires de maison de retraite, on
est bien d'accord : ces bestiots là, c'est du lourd, du high level.
A ta place, ma grande, j'oublierai le type 1, on aura largement de
quoi faire avec les types 4, comme ceux qu'on vient de combattre, et
le type 3 qui doit encore traîner dans le coin.
- Et - rajouta le barbu - prie, même
si tu ne crois pas en dieu, pour qu'on ne croise pas le type 2 à
l'origine de ce bordel, parce que si on en croise un...
- Oui oui, on sait tous ce qui se
passera si on en croise un - conclut Catelyn - Au passage, je vois
bien qui est la petite là, Alice, mais pas vous. C'est quoi votre
nom, et qu'est-ce que vous faites ici ?
L'homme se gratta la barbe d'un air
songeur, jeta un regard au vieillard comme pour guetter un accord que
visiblement il ne trouva pas, puis tendit la main à la rousse :
- Moi c'est Robert. J'ai été engagé
par Alcibiade pour servir, plus ou moins, de garde du corps à la
demoiselle aux ustensiles. Pour tout dire, je viens de....
- 'S'en fout, ton curriculum, ça nous
intéresse pas - dit Lili de sa jolie voix de petite fille - Bon, si
l'infection se poursuit on va avoir un joli comité d'accueil dehors,
alors ce n’est pas vraiment le moment de tenir une conférence,
Cate...
La rousse s'empourpra avant de
répliquer :
- Je ne tiens PAS une conférence!
...
Finalement, après concertation, il fut
décidé de rejoindre le sud du village, dans une grange où le vieil
Alcibiade gardait un moyen de locomotion qui, ils l'espéraient tous,
leur permettrait de fuir rapidement les lieux.
La maison Alcibiade et la grange étant
à l'exact opposé l'une de l'autre, il leur faudrait traverser
l'intégralité de Barbebouq. Outre le plaisir très mitigé que la
visite du village inspirait à nos héros, il y avait aussi le risque
de tomber sur ses habitants (perspective déjà peu reluisante en
soi) transformés en goules. Il allait sans dire que la discrétion
la plus totale était de mise.
Le groupe suivit donc en silence
Catelyn, sous la pluie battante et les éclairs.
Maussades, trempés, fatigués par le
précédent combat, les cinq compagnons n'étaient certes pas de la
meilleure des humeurs au moment de contourner l'église par le
cimetière qui la jouxtait. L'ambiance qui se dégageait de
l'endroit, semé d'herbes folles et d'un enchevêtrement anarchique
de pierres tombales plus laides les unes que les autres, ne fit rien
pour rafraichir l'atmosphère.
- Je le sens mal - fit Lili d'un air
sombre.
- La ferme - siffla Cate entre ses
dents.
Elle jetait des regards nerveux autour
d'elle sentant, elle ne savait comment, quelque chose. Un malaise
soudain. Un truc qui clochait, un silence inquiétant à vous glacer
le sang.
- Euh, c'est quoi, ça - murmura
Robert, d'une voix un peu tremblante.
Ils étaient là : silhouettes
claudicantes émergeant d'entre les pierres tombales avec une lenteur
horrifiante. On n'en voyait pas grand-chose, mais leurs yeux et leurs
crocs, luisant à la faveur d'un éclair, suffirent à tous.
C'étaient des goules. Une vingtaine.
- Pitain pitain pitain...
- Bonjour l’ambiance - sortit Lili -
il manquerait plus qu'ils...
Un hurlement collectif et lugubre en
provenance des silhouettes creva l'obscurité et dura de longues
secondes, traversant l'épine dorsale de nos héros, électrisant
tous leurs nerfs et hérissant chaque poil de leurs corps.
- Et merde ! On court ! Allez go, go,
go !
Et c'est de façon beaucoup plus
chaotique et beaucoup moins discrète que nos héros se mirent à
fuir de toutes leurs jambes, se bousculant presque, en un joyeux
désordre.
Héros ou mécréants, qu’ils soient
bénis ou qu'ils soient maudits, peu importait au fond : une chose
les rapprochait. Tous entendaient le bruit de cavalcade de la horde
non-morte à leur poursuite, très proche, trop proche, et il ne leur
fallait pas beaucoup d'efforts pour s'imaginer sentir les souffles
rauques et méphitiques dans leur dos.
Ils entendirent, venant de gauche, de
droite, d'autres grondements, entre-aperçurent quelques regards
avides. D'autres se joignaient à la horde. Dix, quinze, vingt
maintenant. Non, trente. Comment un si petit village pouvait
concentrer autant d'êtres - ils étaient peut-être cinquante,
maintenant – quel sens mystérieux avait fait se rassembler tous
ces monstres ? La peur aidant, oublieux de la fatigue et de la
conjugaison, ils courrirent à en perdre haleine, les poumons en feu,
le cœur battant la chamade. Plus question de se faufiler ou de se
tapir, pour cela il était trop tard. Il fallait fuir loin, très
loin, oublier toute autre notion, ne pas regarder derrière, ne plus
réfléchir.
Le vieux Alcibiade lui-même, au corps
rachitique et à la musculature défaillante, dépassait les
capacités qu'on eut pu attendre de lui. Il dépassait, les uns après
les autres, chacun de ses compagnons. Courir, courir, sans jamais
s'arrêter, puis rejoindre le véhicule et enfin fuir loin de ce
village maudit.
Hors d'haleines, ils virent avec un peu
de soulagement le grand bâtiment qui abritait le véhicule. Le vieil
homme chercha fébrilement la clé du cadenas, ses mains tremblantes
- qui savait lequel, de la peur ou de l'âge, en était la cause - ne
l'aidaient pas dans sa tâche, il commença à s'affoler, extirpa un
énorme trousseau d'une poche de son long manteau, essaya une clé,
hésitant, recommença avec une autre, sans succès, puis...
- Poussez-vous !
Alcibiade eut à peine le temps de se
reculer : Roger armait son fusil. La détonation fit pâle figure
face aux coups de tonnerre, mais elle suffit à faire sauter le
cadenas. Roger tira les deux gigantesques portes et l'on put admirer,
dans toute sa splendeur et avec soulagement, le véhicule que leur
avait promis le vieil homme. Un instant, tout le monde fit silence,
puis Lili résuma l'avis général :
- C't'une blague ?
...
Les vingt goules s'approchaient de la
grande bâtisse.
Les humains... La chair fraîche...
Ils étaient dedans, tous le savaient.
Leurs yeux avides luirent furtivement, le ciel gronda quelques
secondes plus tard. Lentement, repliés sur eux-mêmes, sans autre
pensée que la faim qui leur tordait le corps et l'esprit, les
griffes tendues en avant, ils avancèrent vers les deux grandes
portes.
Soudain, un grondement aussi fort que
le tonnerre mais bien plus proche. Un grondement qui ne s'arrêtait
pas. Une lumière s'alluma, filtrant à travers les planches
disjointes de la grange. Par réflexe, certaine goules se couvrirent
les yeux de leurs bras, comme si cette luminosité pouvait rivaliser
avec celle du soleil. D'autres eurent la présence d'esprit de
s'écarter de la porte.
Grand bien leur prit : défonçant le
bois pourtant épais, un monstre de métal jaune fonça à travers la
nuit. Le bus - car il s'agissait d'un bus, immense et jaune canari -
écrasa quelques goules puis roula vers l'horizon, avec plus de
vitesse que ne le laissait supposer sa masse, mais pas assez encore
pour empêcher certaines goules de s’agripper pour ensuite...
...
"- Accélérez ! Accélérez, ils
nous rattrapent!
- Alors vous et votre amie vous
commencez à me taper sur les nerfs - gronda Robert - C'est un bus,
ça, pas une Ferrari!
Alice, tout au fond du bus, tentait de
scruter les ténèbres, derrière. Elle pouvait discerner des formes,
des ombres mouvantes qui parvenaient presque à maintenir le rythme.
- Euh, vous ne pouvez pas accélérer
un peu, par hasard?
- Non mais c'est pas vrai, vous vous
êtes tous donnés le mot !
- Sympathique, ce mode de transport que
vous nous offrez, Alcibiade - sortit Lili, avachi sur un des nombreux
sièges - Quelle allure sportive, quel félin de la route ! Je suis
positivement impressionnée.
- Excusez-moi de vous avoir sauvé la
vie, jeune fille - répliqua le vieil Alcibiade, encore à bout de
souffle – Mais vous faites pas trop d’bile, ce petit bijou n'a
pas encore dévoilé toutes ses...
Le vieil homme n'eut pas le temps de
finir sa phrase : une vitre à sa gauche venait d'exploser et
une main décharnée avait jaillie pour se saisir du malheureux, que
Lili retint juste avant qu'il ne soit happé par le vide. Plusieurs
paires de bras s’agrippèrent à leur tour au vieil homme : Lili
n'était pas de taille.
Elle jeta un regard autour d'elle :
jaillies des multiples vitres du bus, les goules s'avançaient avec
lenteur (rien ne pressait : pour une goule rien ne presse
jamais). La fillette sut qu'elle ne retiendrait pas longtemps
l'homme. Personne n'aurait le temps de lui venir en aide, pas même
Alice, qui depuis le fond du bus n'eut que le temps de partager un
regard avec son oncle avant que Lili ne lâche ses bras, le laissant
choir dans la nuit, à la merci des goules voraces.
Le cri strident d'Alice perça la nuit,
monta si haut que le tonnerre lui-même fit pâle figure à côté de
sa puissance. Au mépris du danger, la jeune fille pencha la tête
par la vitre la plus proche, juste le temps d'apercevoir son oncle, à
terre, recouvert d'un amas de goules.
Sanglotant à moitié, elle s'avança
vers l'avant du bus cahotant. Elle-même ne savait pas très bien ce
qu'elle comptait faire. Peut-être saisir le volant, peut-être se
précipiter sur le frein à main... peu importe au fond, puisqu’elle
n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit.
Juste devant Robert, éclairé par les
phares puissants du bus scolaire, une silhouette massive était
apparue : la brune et le barbu eurent juste le temps de le
reconnaître avant que le bus ne le heurte lourdement, puis qu'il
bascule sur le côté pour glisser sur plusieurs mètres.
1
C'est à dire un vert sale tirant sur le gris, auquel s'ajoutait une
nuance de marron délavé, couleur dominante de tout épisode de la
série Derrick.
dimanche 31 juillet 2016
Les incroyables (mais presque vraies) aventures du club des chasseurs Ch.2
Chapitre 2 : Un combat. La victoire
du pic à fondue :
On approchait maintenant la minuit. Ce
qui signifiait, au village de Barbebouq, une absence totale
d'activité. Déjà, de jour, on ne peut pas dire que l'animation
battait son plein, mais alors la nuit, je vous raconte pas.
Ombre parmi les ombres, aussi discrète
qu'une brise de vent, une silhouette tassée sur elle-même, ce qui
ne suffisait pas à cacher son imposante stature, progressait de
maison en maison, redressant parfois la tête pour flairer l'air
ambiant avant de se remettre en chemin. Son chemin, justement, la
menait droit vers une demeure, immense silhouette qui, malgré les
trombes d'eau qui l'assaillaient et la dissimulaient en partie,
gardait son côté imposant et effrayant. Enfin, pour tout être
encore capable d'être effrayé par quoi que ce soit.
La créature resta un moment à
contempler la bâtisse, puis avisa la porte d'entrée encore grande
ouverte. Une autre silhouette, moins massive, la rejoignit et jeta à
son tour un regard à l'ouverture lumineuse. Les deux créatures,
l'une à la suite de l'autre, se précipitèrent dans la bâtisse.
...
Quand deux vampires surgirent dans la
maison du nommé Alcibalde, les réactions furent diverses :
Catelyn baissa la tête et entreprit
de fouiller méthodiquement son sac à main.
Lili, après avoir jeté un regard à
sa collègue, se précipita vers le monstre.
Alcibiade marcha d'un pas résolu vers
la deuxième bestiole.
Robert épaula son fusil.
Alice partit dans la direction
opposée, la cuisine.
La suite fut plus chaotique, en grande
partie parce qu'à la suite d'un éclair, l'électricité avait sauté
: Lili parvint rapidement sur le premier vampire, Alcibiade un peu
plus tard sur le second, plus grand. Le vieil homme brandit quelque
chose sous le nez de l'aberration qui la fit reculer.
Les coups de tonnerres se succédaient
sans interruption, ainsi que les éclairs qui illuminaient à
intervalles réguliers les faciès immondes des monstruosités. Un
coup de tonnerre, un de plus, résonna : c'était le tir de Robert,
dont la balle évita admirablement sa cible pour finir pile au milieu
d'une vitre, qui éclata en de multiples morceaux.
A la faveur d'un rayon de lune, on put
voir le combat acharné de la petite fille et du grand vampire, une
mêlée indistincte, un amas de jambes et de bras qui se saisissaient
les uns les autres. Difficile de dire qui gagnait. Catelyn cria
quelque chose qui fut couvert par un nouveau coup de tonnerre.
Apparemment, sa consœur comprit, avec un peu de retard. Elle eut
tout juste le temps de se jeter en arrière et de fermer les yeux :
la rousse jeta sur le monstre une poignée de poudre qui, suite à la
mélopée de cette dernière s'enflamma brusquement en projetant
alentour une lumière crue, qui s'éteignit aussitôt alors que le
vampire poussait des cris stridents, les jambes en feu. De toute
évidence, cela ne suffisait pas, alors Lili se jeta de nouveau dans
le combat, le temps que Cate prépare un nouveau sort...
Le vampire qu'Alcibiade avait repoussé
lui avait tourné autour un moment, crachant, sifflant et détournant
la tête tandis que le vieillard dirigeait vers lui son crucifix.
Puis le coup de fusil de Robert attirant son attention, le monstre
galopa vers ce dernier, pour moitié sur les pieds, pour moitié à
quatre pattes. Avant que le barbu ait le temps de recharger son
fusil, le monstre l'avait projeté à terre d'un côté, et son arme
de l'autre. L'homme tenta de retenir de ses deux mains la tête du
vampire qui se précipitait en grognant tel une bête enragée sur sa
gorge, mais la force de la bête était démesurée, et bientôt sa
gueule grande ouverte ne fut plus qu'à quelques centimètres de la
jugulaire du brun. Millimètre par millimètre, le monstre
progressait, toujours plus près de la veine saillante de l'homme en
sueur. Bientôt ce serait la fin. Encore un millimètre. Un autre...
C'est à ce moment que resurgit Alice.
La jeune fille ne s'était pas précipitée dans la cuisine par
lâcheté ou par peur : Elle était allée chercher des armes. Enfin
des sortes d’armes. Elle avait fait avec les moyens du bord, et
c'était donc une véritable armada de fourchettes, de couteaux et
autres ustensiles de cuisine sales qui suivaient la jeune fille en
lévitant, leurs tranchants luisant faiblement à chaque éclair qui
tombait. Ses yeux dont seul le blanc était visible, sa bouche ferme,
son air décidé, ses poings serrés, elle avait tout d’une déesse
vengeresse et implacable. Lentement elle leva un index et le pointa
sur le monstre qui maintenait Robert à terre. C’était l’annonce
d’un funeste destin : l'armée de métal s'élança : chaque
pointe, aiguisée ou non, se planta fermement dans l'épiderme pâle
de la bête, et ce fut par un heureux hasard un pic à fondue,
portant encore quelques traces de son récent combat contre une
fondue de fromage, qui assena le coup fatal au vampire, se fichant
dans sa nuque si profondément qu'il atteint le cerveau. L'être
monstrueux eut juste le temps de pencher la tête en arrière, la
bouche ouverte en un cri muet, avant de tomber en poussières sur le
sol de la salle à manger, entraînant dans sa chute les armes qui
l'avaient pourfendu.
Alice amorça l'ébauche d'un sourire
à l'homme à qui elle avait sauvé la vie et à son oncle, puis fut
tout à coup, comme eux, projetée au sol. Une luminosité d'une rare
intensité lui fit tourner la tête vers l'autre combat, à deux pas
de celui-ci : Elle dut aussitôt fermer les yeux, et même alors, une
douleur sourde, souvenir de la trop puissante lumière, fit battre
ses tempes. Elle resta marquée autant par le spectacle que la
révélation qu'il apportait : la rousse, Catelyn McCluster, les yeux
fixes et sereins, les mains le long du corps, face au monstre sur
lequel tombait, du ciel et à travers le toit qu'il venait de démolir
et de mettre en feu, un terrible éclair qui plaquait la créature à
quatre pattes et la consumait à une vitesse démentielle.
Elle n'en avait aucun doute, c'était
bien la femme rousse qui maîtrisait le terrible éclat, celui-là
même qui les avait tous envoyés à terre, dans un gigantesque
tremblement qui avait secoué la maison du toit jusqu'à ses
fondations.
Elle rouvrit les yeux pour constater
la disparition du deuxième vampire. De lui ne restait sur le sol
qu'un amas de poussière ainsi qu'une trace noire sur le plancher, au
centre d'un cercle enflammé laissé par la foudre.
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